SUWARI WAZA – Le travail à genoux

Bonjour à tous,
Je viens de découvrir le magazine Dragon Aïkido, numéro 25, de juillet – août – septembre 2019.

Son dossier principal traite « le travail à genou » : Suwari Waza.
J’ai lu avec grande attention l’ensemble des auteurs qui ont donné un avis et qui ont fait un certain nombre de réflexions sur l’utilité ou non de ce travail à genoux.

En tant que Président de Ligue, enseignant et thérapeute, c’est un sujet qui ne me laisse pas indifférent et que je tenais à partager avec vous.

Tout d’abord, si ce n’est déjà fait, je vous conseille de lire intégralement ce dossier d’actualité, très intéressant et de fond, avec ces différents articles écrits et formulés par plusieurs enseignants haut gradés que nous connaissons pour la plupart.

Ce dossier démarre sur un constat général : « La pratique à genoux a tendance à régresser… Avec un risque de tomber en désuétude, voire de disparaître ».

Et Plusieurs questionnements :
« Si l’aïkido est un art martial adapté au monde moderne, comment peut-on encore justifier la pratique à genoux ?… SUWARI WAZA, une pratique obsolète ?

« La position SEIZA et le travail en SUWARI WAZA sont-ils anti-physiologiques et plutôt contraignants que bénéfiques pour la longévité sur les tatamis de nos pratiquants en aïkido ? »

« Devons-nous favoriser le pragmatisme ou le dogmatisme, évoluer avec le monde moderne occidental ou rester ancrés sur les traditions d’un « héritage sacré » transmis par nos Senseï et qui doit rester immuable ? »

Chacun des différents auteurs donne, avec sincérité et sans détour, leurs avis sur les bénéfices/risques de ce travail à genoux.

Mais, on perçoit très bien, à travers ces différents auteurs, la complexité du sujet traité. Ce dernier mettant en rapport à la fois le côté traditionnel, lié à la culture Japonaise, au respect de la transmission de nos Maîtres, à l’étiquette et aux bases fondamentales de l’aïkido et la prise de conscience générale des désagréments éventuels anatomopathologiques infligés à nos stagiaires et à nos élèves au niveau des genoux et des rotules, lors des séances prolongées en SUWARI WAZA.

Certains auteurs sont plus directs et pensent que le SUWARI WAZA, de nos jours, ne sert à rien et n’apporte rien de plus, tout en provoquant des désordres structurels au niveau articulatoires, surtout chez les débutants, les seniors et ceux qui ont déjà une fragilité antérieure sur ces articulations. Ils pensent que la santé physique du pratiquant est primordiale par rapport au traditionnel ou au culturel de ces techniques à genoux qu’il faut pratiquer à minima, avant que le primo pratiquant ne soit plus aguerri et plus à même de les réaliser correctement.

D’autres auteurs sont plus nuancés et nous délivrent, à travers leurs compétences et leur vécu, que la pratique à genou est fondamentale pour approfondir les techniques d’aïkido, la maîtrise de la verticalité, le relâchement au niveau des hanches et des chevilles. Ils s’accordent à dire que les mouvements se font naturellement plus courts et que les techniques prennent tout leur sens. etc…, tout en reconnaissant, aussi, que le déplacement à genoux n’a rien de naturel, ni d’habituel pour les occidentaux, et qu’il est souvent générateur de difficultés d’apprentissage et parfois de douleurs dans certains cas par manque de souplesse ou par raideur.  L’un d’eux, néanmoins, signale même que souffrant antérieurement des genoux, il a eu la surprise, par cet entraînement, d’améliorer ses difficultés et douleurs des genoux.

D’autres auteurs restent à la fois ouverts au travail à genoux nuancé, en respectant  la tradition de l’aïkido fondamentaliste émanant d’O’Sensei. Ils  reconnaissent l’utilité à la fois de la tradition et de la modernité en permettant à chaque élève ou stagiaire de protéger son intégrité et de respecter son choix de faire ou pas le travail en SUWARI WAZA.

Enfin, un article  étymologique très intéressant de Taro Ochiai nous explique les différentes positions assises dans la langue japonaise avec les Kanjis appropriés. On y apprend, par exemple, que dans la vie quotidienne, le japonais moyen est le plus souvent assis sur une chaise et qu’il a autant de mal que le français à se mettre en SEIZA et qui plus est à y rester ! Que la posture en SEIZA était celle que l’on faisait prendre au criminel pour le soumettre, mais aussi aux croyants pour montrer tout son respect envers une divinité ou son représentant. Il rajoute que c’est le gouvernement qui a imposé le SEIZA à l’ensemble des Japonais destiné à changer le comportement de tout un peuple. En ce sens, rajoute-t-il, le SEIZA n’a rien de traditionnel ou, en tout cas, pas plus ou pas moins que les autres manières de s’asseoir.

Ce Magazine a choisi un très bon sujet de fond avec un questionnement qui oblige chaque enseignant à la réflexion.

Je vous engage à le lire et à vous poser les mêmes questions pour trouver vos réponses à un tel questionnement : « LE SUWARI WAZA une pratique obsolète ? »
A chacun d’en sortir ses propres avis, arguments et conclusions.
Un débat « ouvert  » entre traditionalistes et modernistes qui n’a pas fini de faire couler de l’encre mais qui a au moins le mérite et le courage de confronter les divers arguments contradictoires qui en découlent et qui prêtent à réflexions.

Une bonne lecture pour votre  prochains farnientes !
Je vous souhaite à tous de passer d’excellentes vacances bien méritées.
Je vous dis à très bientôt pour notre assemblée générale fédérale.
Merci de votre lecture.
Amicalement.
Raymond Solano.

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